Disparition du grand jazzman Dave BRUBECK

Le légendaire pianiste de jazz américain, créateur des tubes «Take Five» et «Blue Rondo a la Turk», est mort hier, à la veille de son 92ème anniversaire.

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«Mon Dieu, si les deux (Blancs et Noirs) sont faits à ton image, serais-tu, par hasard, un zèbre ?» Cette question posée par Louis Armstrong dans Real Ambassadors, l’opéra jazz autour des droits civiques que Dave Brubeck avait composé, lui qui prônait l’intégration en jouant dans les clubs noirs du Sud profond des années 50, a peut-être trouvé sa réponse. Le pianiste américain (né le 6 décembre 1920 à Concord, en Californie) est mort hier, à la veille de son 92e anniversaire, d’un arrêt cardiaque à l’hôpital de Norwalk, dans le Connecticut.

Grâce au succès planétaire de ses tubes Take Five ainsi que Blue Rondo a la Turk, morceaux figurant sur l’album Time Out sorti chez Columbia Records à la fin des années 50, Dave Brubeck avait acquis un statut de pop-star, phénomène assez rare dans le milieu du jazz. Au point de soulever, au cœur des sixties, une guerre de religion des pour et des contre. Fi des vieilles querelles, la longue association du monsieur avec l’aérien saxophoniste alto Paul Desmond, dès la fin des années 40 puis au sein du fameux quartet à partir des premiers enregistrements de 1952, a incarné le jazz de l’époque, à la manière du tandem Miles Davis et Erroll Garner.

Adepte d’une expérimentation sur les rythmes, Dave Brubeck a su transcender les conventions du swing, comme dans Take Five (composé en fait par son saxophoniste Paul Desmonds) et bien d’autres. Issu d’une famille musicienne, il se destinait à une carrière de vétérinaire, avant de se tourner vers la musique en entreprenant des études, pendant trois ans, auprès de Darius Milhaud. Des influences classiques qui orientent son jeu vers un phrasé élégant, à l’inverse de la tendance en vogue outre-Atlantique.

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